Conférence Nationale des Avocats Algériens
INTERVENTION  DU  BARREAU  DE  TIZI-OUZOU
Des difficultés rencontrées par l'avocat dans l'exercice de sa profession 
     De toutes les professions libérales, la profession d'Avocat est certainement l'une des plus anciennes et des plus prestigieuses. Elle est, également, la plus médiatisée et  la plus crainte.
     Ce n'est certainement pas le fruit d'un hasard si les grands de ce monde, comme ceux des temps passés, appartenaient, pour la grande majorité, à cette noble profession. 
     Considéré comme le Défenseur des pauvres, de la veuve et de l'orphelin comme des riches, souvent présenté comme le dernier rempart de la Liberté, l'Avocat paie cher  la contrepartie de cette notoriété.
En effet, critiqué par les Pouvoirs Publics pour son refus de l'asservissement, décrié par le client pour qui il n'a pu gagner le procès, jalousé par les autres catégories libérales qui envient l'immunité que lui confère sa Robe, l'Avocat évolue dans un environnement sans pitié qui ignore souvent les mille et une difficultés qu'il rencontre dans l'exercice de
 sa noble profession.
     Ces difficultés peuvent être classées en deux grandes catégories : celles confinées au plan national et celles rencontrées sur le plan international.
I - SUR LE PLAN NATIONAL
     A) Difficultés rencontrées au niveau de la clientèle :
- On a coutume de dire que le pire ennemi de l'Avocat est son client. C'est hélas, une  une réalité de tous les jours.
      - Si le client est un citoyen modeste, sans culture juridique, il ne cessera de harceler son Conseil à tout moment, même au café, pensant, peut-être, que son Avocat doit partager  impérativement son angoisse et ses craintes d'une mauvaise décision de Justice.
      - Si ce client a un certain niveau de culture ( il est cadre adminisitratif, médecin ou ingénieur ) il se croira obligé d'imposer à son conseil un système de défense qu'il pense adéquat créant ainsi un malaise certain dans leurs rapports.
      - Si ce client est un organisme public ou une société, il tentera inévitablement de tisser des liens qui feront de son conseil un subordonné chargé d'exécuter des ordres.
      - Dans tous ces types de relation, il est évident que la parade de l'avocat réside dans un seul critère : garder sa liberté coûte que coûte et agir en tant qu'avocat libre de toute dépendance et conformément aux normes que sa déontologie lui impose.
        B) Difficultés rencontrées face à l'appareil judiciaire :
     - Il est bien évident que le Greffe judiciaire est le premier partenaire de l'Avocat et c'est à ce niveau que ce dernier éprouve certaines difficultés nées souvent de considérations extra-judiciaires, de malentendus ou même d’un manque de formation et d’informations, parfois partagés par les deux parties. Dans ces cas d’espèces, il est utile et nécessaire, pour l’avocat de s’adresser aux responsables de son ordre.
     Le second volet concerne les rapports Avocats-Magistrats. Dans l’ensemble , il est constaté que es rapports sont positifs avec les magistrats anciens et relativement aniens et marqués par un respect réciproque. Par contre, avec la nouvelle génération de Magistrats formée à l'Ecole Nationale de la Magistrature sur la base d'une certaine idée (genre, " il faut vous méfier des Avocats " ) il est coutume de constater la multiplication d'incidents en tous genres.
      - Il est évident que les réflexions blessantes et parfois même diffamantes, qu'il est inutile de rappeler dans le détail, soient abolies des salles d'audience plus particulièrement et qu'un code de déontoligie commun aux Magistrats et aux Avocats soit mis sur pied afin déviter , à l'avenir, tout dépassement de quelque partie que ce soit et ce dans l'intérêt d'une bonne administration de la Jutice sachant que les deux parties sont investies de la même mission :
 Servir la Loi et le Citoyen.
C ) Difficultés rencontrées au niveau de l'Administration Fiscale :
     - S'il est vrai que l'Avocat n'est pas indemne de tout reproche dans ce domaine, il est également  vrai que le traitement réservé à l'avocat par l'administration fiscale se distingue par une sévérité et une rigueur nullement constatée par ailleurs au niveau des autres catégories exerçant une profession libérale.
    - Un exemple suffit à le démontrer : c'est celui du taux de la TVA qui est de 17 % pour les avocats alors qu'il n'est que de 7 % pour les professions médicales ! c'est comme si l'avocat était un Nabab !
    - Il est temps que notre profession ne soit plus considérée comme une vache à lait et  qu'une formule soit trouvée qui serait plus en rapport tant avec la réalité sociale et professionnelle qu'avec le devoir fiscal qui s'impose à l'avocat.
II - SUR LE PLAN INTERNATIONAL :
     Nul ne peut nier et tout le monde judiciaire a pu le constater : l'Avocat Algérien brille par son absence sur la scène internationale, ne serait-ce que par comparaison avec nos Confrère Marocains et Tunisiens.
     Alors que l'on remarque que ces derniers sont pratiquement présents dans tous les rendez-vous professionnels initiés çà et là dans le monde et qu'ils ont investi toutes les Organisations Professionnelles Internationales ( U.I.A. -U.I.J.A. -U.A. AF, U.I.A. AR. -  U.J. MED. etc...), les Avocats Algériens se singularisent eux par une absence de tous 
 les instants ?
     Une problématique se pose : Pourquoi ce désintrêt ? Est-il la conséquence d'une habitude de se mouvoir en vase clos ou y a t-il d'autres facteurs qui expliquent cette passivité ?
     La réponse tient dans les deux raisons  :
     - D'abord, il est évident que l'Avocat Algérien cultive le sens de l'égoisme à l'excès ( il  s'occupe de son Cabinet, de ses Affaires, de sa famille et pour lui, la boucle est bouclée ).
     Peu habitué aux affaires internationales, il est très peut enclin à s'engager sur ce plan et préfère la quiétude de l'environnement local. Il y a lieu de lui faire changer cet état d'esprit. Et le développement accru des rapports Inter-Barreaux ( convention de jumelage - Convention de coopération etc.. ) ainsi que son adhésion et sa participation au Congrès Internationaux peut l'aider à sortir de son ghetto.
      Ensuite, et c'est peut-être là que réside essentiellement le motif de sa passivité, l'Avocat Algérien n'est pas aidé, sur la plan matériel, par l'Etat dès lors qu'il éprouve les pires difficultés à financer, sur le plan devises, toute tentative d'adhésion ou participation à un évènement d'envergure internationale. Si le Dinar Algérien était convertible, la question ne se poserait pas mais il ne l'est pas et, dans ce cas, le concours des Organismes Nationaux chargés de la 
 finance est nécessaire ( Fin. Ext. Banques etc... ) pour permettre les opérations de change.
      Enfin, il est temps que l'Etat Algérien considère tout Avocat appelé à participer dans son domaine à une manifestation internationale comme un Ambassadeur de son pays ( comme c'est le cas de nos Confrères Marocains par exemple ) et qu'il lui accorde un minimum d'intérêt
     N'a t'on pas vu des délégations d'Avocats Algériens participer à des congrès dans tel ou tel Pays étranger sans que nos représentants officiels accrédités dans ce Pays leur accordent la moindre considération !
     Il y va de l'intérêt du Pays comme de la crédibilité Internationale de l'Avocat Algérien à ce  que cette situation change.
 Le Bâtonnier 
Smaïn CHELLAT








































































































 

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